Le soir où Jocelyne s’est levée

Jocelyne porte des douleurs installées depuis longtemps : de l’arthrose — « l’héritage de ma mère », dit-elle —, une hernie cervicale en 1997, et une chute au travail en 2016, quatre mois avant de prendre sa retraite. Ce soir-là, c’est son anniversaire.

Maha ne fait pas le soin. « C’est ce soir l’une de mes élèves qui te reçoit. C’est Allison. » Allison pose le cadre, demande le consentement, et accompagne — malgré une connexion qui lâche deux fois, et qu’il faut reprendre.

Le soin entier — à une exception près, qu’on préfère dire franchement : dix-huit secondes ont été retirées vers la fin, où Jocelyne confie quelque chose de personnel qui n’a pas à sortir de la classe. Un fondu au noir les marque, à cet endroit précis. Tout le reste est intact, y compris les deux coupures de connexion qu’Allison traverse sans lâcher le fil.

Je me lève là, je me lève… Mais je vais danser pour vous !

— Jocelyne, à la fin du soin — c’est elle qu’on entend
AllisonJocelyne, à la fin du soin — c’est elle qu’on entend
Tous les soins réussis